Avec l’explosion du numérique au coeur de nos existences, peu de temps reste à consacrer aux relations interpersonnelles et familiales. On aurait même tendance à incriminer le numérique comme source de tous les maux comme la solitude sur fond de crise sanitaire et sociale. C’est ce que déplorent de nombreux psychologues pour qui le jeu, même s’il est majoritairement devenu virtuel, peut encore alimenter la flamme de la convivialité intramuros et symboliser un certain espoir. Paradoxalement, on assiste à un revirement presque théâtral ces dernières années, transformant le jeu coopératif de salon ou entre amis en sauveur du périlleux jeu en ligne. Voyons en quoi les deux sont complémentaires et comment ils favorisent l’esprit d’équipe qu’il soit guerrier ou entrepreunarial.

L’affirmation de soi passe aussi par le jeu

Trop souvent, on s’imagine qu’un jeune passant des heures derrière son écran à jouer sur le net connaîtra tôt ou tard l’écueil du chômage. Bien au contraire, l’iGaming favoriserait la rencontre d’autrui en n’étant pas si éloigné que ça de son cousin le jeu de société. C’est l’information que diffuse Pascal Derru dans son livre “64 jeux d’écoute, de confiance et de coopération”.

En effet, le jeu vidéo ou même le jeu de casino online devient rapidement le noyau d’un réseau où le mode multi-joueur peut être activé et de mise. Et bien souvent, le scénario et le gameplay sont communs aux jeux dits “coopératifs” comme le fameux jeu primé en 2016, “Mysterium” d’Asmodée, qui rappelle l’atmosphère victorienne de la machine à sous en ligne “Riddle Reels” de l'éditeur de logiciels de jeux Play’n Go.

En jouant, on se découvre des points forts comme l’endurance ou la négociation. Gérer ses émotions et les conflits peuvent se travailler au cours de parties ou de campagnes RPG où les partenaires de jeu s’entraident. Dans l’enfance, on est friands de jeux de société qui nous construisent mais à l’âge adulte, continuer à jouer peut renforcer l’image de soi et des autres comme le souligne la psychologue de formation Chloé di Cintio également fondatrice de l’association EnVies EnJeux.

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Le développement du coopératif partout à l’oeuvre?

À l’origine, les jeux qui ont une visée éducative relationnelle ont permis de faire socle commun dans des tribus inuits dans les régions arctiques mais aussi pendant la Guerre du Vietnam avec l’initiative de Steward Brand autour des “New Games” pour prôner la paix.

Au pied des immeubles dans les cités françaises, on s’est mis à jouer de 10 à 60 joueurs au jeu coopératif les “Loups-Garous de Thiercelieux”, ce qui démontre que le jeu est légion là où la non-violence s’implante. À Bondoufle, les participants évoquent ce côté fédérateur semeur de bonne ambiance propre au célèbre jeu de cartes de Philippe des Pallières et Hervé Marly. Il s’agit de créer des parties géantes en désignant des groupes de Villageois aidés ponctuellement d’une Voyante et d’une Petite Fille pour démasquer le Loup parmi les joueurs en votant: de quoi passer des grands moments de stratégie, de bluff et surtout de rires tous ensemble!

Il n’y a pas d’endroits ou de pays privilégiés pour mettre en place des jeux coopératifs. En plein air ou dans des salles des fêtes, autour d’un jeu comme “Dixit”, tout le monde peut former un groupe allant d’ateliers éducatifs pour enfants aux cercles de loisirs pour personnes âgées, du moment qu’on laisse un peu aller son imagination! À ce titre, on dénichera un éventail de propositions dans la revue “Animation & éducation” de l’OCCE (Office Central de la Coopération à l’École).

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En France, des réseaux ludiques mais aussi solidaires

En 1976 est apparu le jeu “Chômageopoly” créé par les salariés de LIP en colère, c’est l’ancêtre direct des premiers jeux coopératifs européens. Sur fond de lutte anti-système, le but du jeu était, pour les joueurs déchus de leurs fonctions, de trouver l’ersatz d’un nouvel emploi à travers un parcours inspiré du jeu de base “Monopoly” tout en prenant garde de ne pas tomber dans les griffes (ou les cases) des institutions abusives.

Surfant sur la vague des Escape Games, TeamGame offre même aux entreprises l’opportunité de resserer les liens entre collaborateurs avec le projet de “Gamification” comme énième alternative au management. Il s’agit à l’inverse du “Chômageopoly” de raffermir sa place au sein de notre équipe par le jeu certes, mais sans esprit de révolte: quand le jeu coopératif devient l’esprit même de la collaboration au sens de l’entreprise.

Bon nombre de réseaux utiles à l’écologie se sont développés grâce à des joueurs en ligne comme le serious game “My Lovely Planet” ou le site vert “La Fabrique des Colibris”. Mais selon Chloé di Cintio, il manque l’aspect propre à la rencontre physique dans ces communautés virtuelles. C’est pourquoi Chloé di Cintio parle de collaboration plus que de coopération: “Il me semble que les écrans ne montrent de nous que les connaissances ou les compétences nécessaires aux échanges dans le groupe, et peuvent masquer une partie de nous-même. Là se situe peut-être l’énorme différence entre les deux sources de la relation ludique d’entraide!

 

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