Coopérer pour Entreprendre, des CAE à l’entrepreneuriat collectif

Les transformations profondes du monde du travail, au cœur desquelles figure les enjeux de sécurisation des trajectoires professionnelles des actifs, ont vu naître les Coopératives d’activité et d’emploi (CAE), à la fois reflets des aspirations nouvelles d’émancipation et de collaboration, et réponses concrètes permettant de concilier, dans un cadre coopératif, liberté et droit à entreprendre et protection sociale.

 

20 ans au service de l’intérêt général

Les premières CAE sont nées au milieu des années quatre-vingt-dix pour offrir une alternative sécurisante pour les travailleurs indépendants, faisant alors valoir leur droit à l’expérimentation, sans bénéficier de statut différencié. Depuis la Loi ESS de 2014, elles bénéficient d’une reconnaissance légale et d’un cadre d’action défini avec des obligations et des dispositifs financiers et réglementaires dédiés.

Créée en 1999 par et pour les CAE, l’union d’économie sociale Coopérer pour Entreprendre a contribué au développement du nombre de CAE, à la mutualisation de ressources et des services, et à leur représentation institutionnelle. Réunies tout d’abord autour d’une charte de valeur puis d’un Label, les CAE sociétaires de Coopérer pour Entreprendre revendiquent un nouveau modèle d’entrepreneuriat, porteur d’émancipation individuelle et collective, ouvert au plus grand nombre et respectueux de la diversité de chacun, au sein d’organisations démocratiques exigeantes, innovantes et ancrées dans leurs territoires.

Grâce aux CAE, plusieurs dizaines de milliers de personnes, majoritairement des femmes, ont ainsi pu initier et développer leur projet entrepreneurial grâce à un statut permettant l’accès aux droits sociaux ou leur maintien, grâce à l’appui à la gestion comptable et administrative, l’accompagnement humain et technique ou encore la communauté de pairs. Le tout au sein d’une entreprise coopérative leur offrant la possibilité d’être pleinement associés, en en devenant sociétaires.

 

Une transformation engagée dès 2017

Dès 2017, Coopérer pour Entreprendre a engagé sa transformation sur la base d’un constat partagé avec ses sociétaires. Le modèle CAE que nous avions créé avait alors démontré son utilité sociale, mais se heurtait à un plafond de verre qu’il nous fallait dépasser, en renforçant non seulement notre capacité d’influence dans l’espace public, mais plus généralement notre capacité à poursuivre des missions d’intérêt général, dans un environnement chaque jour plus complexe.

Ce nouveau projet est fondé sur la conviction que la résilience d’une organisation, comme celle d’un individu, ne peut advenir qu’en renforçant, par le collectif, la solidarité et l’intérêt général. Dans nos territoires, nous aurons plus que jamais besoin de créer des écosystèmes solidaires, dans lesquels s’inventeront de nouveaux rapports au vivant, aux autres et à soi. Nous aurons besoin de circuits courts alimentaires et énergétiques, mais aussi d’organisations agiles capables d’accompagner les mutations de l’emploi, de structurer le travail autonome, la multi-activité, et de construire de nouveaux droits.

 

La transformation de CPE a pour objectif de renforcer l’intérêt général sur les territoires en donnant aux acteurs de l’entrepreneuriat collectif les moyens d’être plus résistants, ensemble.

 

Ensemble pour renforcer l’entrepreneuriat collectif

C’est au nom de cet avenir et de ce renouveau démocratique que nous décidons en 2020 de nous transformer, et d’étendre notre action au-delà des CAE, vers l’entrepreneuriat collectif. La transformation de notre Union d’économie sociale en SCIC répond aux besoins des CAE, mais aussi des tiers-lieux et espaces de travail réunissant des indépendants, des collectifs d’indépendants, des structures d’accompagnement de l’entrepreneuriat, de structures d’insertion et d’action sociale.

Résolument inscrite en faveur de l’intérêt général, cette structure nous permet de conduire des actions favorisant l’émergence et le développement d’un entrepreneuriat collectif et inclusif, fondé sur un accompagnement de qualité, ouvert à tous les publics, y compris les plus vulnérables, et respectueux des spécificités de chacun.

Positionnée en tant que do tank coopératif, cette structure imagine et étend sur les territoires des solutions innovantes expérimentées par nos sociétaires.

Nous assurons la continuité des solutions déjà proposées et plébiscitées par les CAE, comme les outils numériques, la formation, le Label. Certains outils sont déjà adaptés à d’autres publics :

  • C’est le cas d’enDI, notre plateforme de gestion de l’activité des indépendant·es en collectifs.
  • Notre programme national d’étude d’impact social, s’étendra en 2021 aux CAE et aux Tiers-Lieux.
  • L’expérimentation Flashcoop, une coopérative éphémère de très courte durée pour les publics éloignés de l’emploi ou de l’entrepreneuriat, sera étendue quant à elle en 2020.

Pour ce faire, nous nous appuyons sur le réseau d’experts présents au sein des organisations que nous rassemblons.

 

CPE est devenu le 13 mai une Société coopérative d’intérêt collectif

Son multi-sociétariat est alors élargi aux Tiers-Lieux et espaces de travail, acteurs de l’insertion, de l’accompagnement et de la formation, collectivités, laboratoires de recherche…

Ce sociétariat se matérialise en quatre catégories, qui sont amenées à prendre des décisions collectives et mettre en œuvre le projet de la SCIC :

  • les Coopératives d’Activité et d’Emploi, associés historiques du réseau
  • les salariés et prestataires de la coopérative contribuant au quotidien à la mise en œuvre du projet coopératif
  • les Espaces et les collectifs : Tiers-Lieux, espaces partagés et tous les écosystèmes collectifs s’inscrivant dans la dynamique d’entrepreneuriat collectif portée par le Réseau
  • les territoires et les partenaires : acteurs publics et privés contribuant par leurs actions à développer le projet coopératif

 

A l’automne, une seconde Assemblée générale accueillera les premiers nouveaux sociétaires. Surtout, pour faire commun, nous aurons besoin de projets structurants, de convivialité, de bienveillance et de proximité. Nous aurons besoin d’aller vite et de prendre notre temps !
Extrait d’une interview de Stéphane Bossuet, Président Directeur général de CPE.

Si vous vous reconnaissez dans la dynamique que nous portons et que vous êtes intéressé·e pour échanger autour du projet :

Notre histoire

Réduire la fracture entrepreneuriale et sécuriser les personnes

Si pour certains le travail autonome et le statut d’indépendants sont des choix de vie mûrement réfléchi, l’entrepreneuriat reste pour beaucoup une contrainte absolue face à l’incapacité d’accéder à l’emploi et à la nécessité de compléter ses revenus. Or, devenir entrepreneur nécessite des compétences et des connaissances spécifiques qui dépassent l’activité à proprement parler.

Les Coopératives d’Activité et d’Emploi ont ainsi été créées au milieu des années 90 dans le but de réduire cette fracture entrepreneuriale en permettant aux entrepreneurs de conserver leurs avantages sociaux et de développer leurs compétences entrepreneuriales.

Naissance de Coopérer Pour Entreprendre

La première CAE, CAP Services, naît en 1995 à Lyon, bientôt rejointe par la Maison de l’initiative en Haute Garonne ou Regate dans le Tarn. Toutes ces CAE choisissent la forme coopérative conforme à l’esprit de l’entrepreneuriat collectif.

Coopérer pour Entreprendre est créé en 1999, avec comme missions principales de développer le nombre de CAE, de mutualiser des ressources et des services, et de les protéger en leur offrant un cadre juridique et un relais institutionnel.
La quasi-totalité des CAE existantes deviennent sociétaires du réseau, qui est soutenu par de nombreux partenaires (DIES, DGEFP, Unedic, ANPE, CGScop, etc.).

Pour en savoir plus sur la création de Coopérer Pour Entreprendre, cliquer ici.
.